jeudi 5 décembre 2019

Révélation sur Infernale Angélique (2)

Le 10 novembre, j'ai partagé avec vous la photo de la personne qui m'a inspirée mon premier roman.

Aujourd'hui, je vous montre l'objet bien réel qui figure dans Infernale Angélique... et l'extrait qui en parle :


Elles sortirent précautionneusement le contenu de la cassette. La majorité des documents qu’elles y trouvèrent appartenaient à la grand-mère paternelle de Mélanie : livrets scolaires, carnet de vaccination, certificat d’études, recommandations des propriétaires chez qui elle avait été engagée comme femme de ménage, mais aucune trace de certificat de mariage, ni d’acte de naissance du futur quinquagénaire. 


Juste un cadre avec une photo noir-blanc d’un type, plutôt séduisant, genre homme d’affaires des années soixante, et une lettre à l’en-tête d’une grande entreprise internationale d’import-export. Ce document ressemblait à un simple accusé de réception. 
Dans les bribes d’histoires qu’on lui avait racontées enfant, Mélanie se souvint que son grand-père travaillait pour cette société.
Amandine jubilait devant ces découvertes. Elle tendit le cadre à son amie.
- Regarde au verso de la photographie. Une inscription pourrait nous orienter dans cette enquête.
Mélanie tira la vieille photo de son cercueil de bois, à la recherche d’une quelconque annotation. Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’il s’agissait d’une image de magazine.

lundi 2 décembre 2019

A contretemps, épisode 63



A 7h20, Jessica ouvrit les yeux. Elle se rappela instantanément qu’elle devait contacter Consuela pour qu’elle vienne effacer sa maladresse. Après l’envoi du message, elle songea à son réveil saugrenu de la veille. Sa convalescence avançait à grands pas !

Le portable vibra dans sa main. La femme de ménage annonçait qu’elle serait là vers neuf heures. Jessica appréciait cette réactivité.

Elle se leva à un rythme adéquat. A l’aide de ses cannes, elle se déplaça jusqu’au panier de fruits, duquel elle préleva une banane. Cela ne correspondait pas à son envie du moment. Elle aurait préféré déguster une orange ou la mangue bien mûre qui parfumait son intérieur, mais elle trouva plus prudent de manger un fruit qui s’épluche facilement.
Plantée sur une jambe comme un flamant rose, elle prit son petit déjeuner debout au milieu du salon. Elle abandonna la peau de banane sur la table basse.
Elle avait un programme et voulait s’y tenir.
Elle partit avec ses béquilles en direction de la salle de bains. 

La veille, elle avait utilisé le tabouret que Diane avait installé devant le lavabo pour faire un brin de toilettes, mais aujourd’hui elle se servirait de celui déposé dans sa douche. Elle se déshabilla avec habileté et inaugura la grande chaussette en plastique que lui avait offert sa sœur pour emballer son plâtre. Prudemment, elle entra dans la cabine et appuya le genou de sa jambe blessée sur le tabouret pour assurer son équilibre. Elle prit sa douche, comme avant l’accident, ou presque. 

– Ne pas glisser en sortant, ne pas glisser en sortant, se répétait-elle avec une certaine appréhension.

Elle n’avait pas fermé la porte de la salle de bains, au cas où… Consuela était ponctuelle. Si Jessica tombait, elle ne devrait pas attendre plus d’une heure sur son carrelage blanc.

Tout se déroula parfaitement.

- Je progresse, se réjouit-elle quand elle constata qu’il ne lui fallait que quelques minutes de plus que son timing usuel pour se préparer. Bon présage pour son retour au bureau lundi !

Habillée, maquillée, elle se déplaça jusqu’au salon. Elle jeta un long regard à son bureau. Tentée de s’y assoir, elle renonça rapidement. Déplacer son portable représentait un obstacle colossal avec des béquilles.

Jessica se laissa donc tomber dans son canapé. Elle alluma son ordinateur et consulta ses mails. Aucun ne provenait de son assistant. Grégoire tenait parole : il conservait les questions brûlantes pour son retour. Elle parcourut les autres messages, puis rangea son portable.

Elle jeta un œil à son téléphone. Étrange ! Aucune notification du groupe des copines. Tant mieux. L’idée de rester tranquille à la maison la rassurait, depuis l’incident avec le verre.

Il lui restait un ami fidèle, qu’elle avait un peu délaissé depuis son accident. Son violoncelle. Elle s’approcha de lui. Elle l’observa, le caressa avant de prendre place sur le siège devant le lutrin. Elle lui sourit avant de le coller contre sa chair. Prépara son archet, fit vibrer doucement les cordes et, après quelques ajustements, entama les mélopées du quatrième tableau.

Délicatement, la femme de ménage entra et, d’un signe de la main, la pria de continuer son concertino. Le plus silencieusement possible, Consuela remit de l’ordre dans la cuisine et dans le reste de l’appartement.

Malgré son oreille collée à l’instrument, Jessica entendait qu’elle chantonnait doucement. D’un regard à la dérobée, elle perçut que Consuela bougeait au rythme de Vecchia zimarra. La musicienne sourit, touchée de découvrir en elle une mélomane.










dimanche 1 décembre 2019

Bilan du NaNoWrimo 2019

Le NaNoWriMo 2019 s'est clôturé il y a une vingtaine d'heures, le 30 novembre à 23h59.

Ce mois où les écrivains du monde rédigent, rédigent, rédigent. Leur but ? Ecrire 50'000 mots représentant le premier jet de leur prochain livre. Sans relecture, sans fioritures, juste écrire. Les onze autres mois serviront à affiner, compléter, corriger, couper, etc.

En 2018, pour ma première participation, j'avais dépassé la moitié de l'objectif, avec mes 27'637 mots.

Cette année fut plus laborieuse.

  • D'abord, je venais de mettre le point final à la dernière relecture de mon projet de prête-plume. Avec cette collaboration, nous étions plongées dans l'envoi aux maisons d'éditions début novembre.
  • Ensuite, j'ai changé de vie professionnelle. Un nouveau défi passionnant, que j'adore, mais qui, comme tout nouveau boulot, demande au début un investissement en énergie et en temps supérieur à celui d'une routine bien huilée.


Comme l'année passée, j'avais prévu de me consacrer à mon thriller en co-écriture avec mes deux acolytes.
Lors de notre dernière séance de travail avant le NaNoWriMo, nous avons décidé de fixer notre intrigue dans un lieu bien réel. Une fois choisi, il a fallu faire du repérage pour que les habitants de cette région reconnaissent leur village, les bâtiments dans lesquels le tueur et les enquêteurs entreront, les routes sur lesquelles ils chemineront...

Ce qui m'a aussi pris pas mal de temps...

Bref, le NaNoWriMo 2019 s'est clôturé avec 10'520 mots en plus dans mon disque dur. Et je suis très satisfaite de ce résultat.

Et qu'ai-je écrit, avec tous ces mots ?
(A part le premier point, vous les lirez tous avant la fin de l'année)
  • 3 scènes pour le thriller
  • 7 épisodes pour les aventures de Jessica et Lucien dans A contretemps
  • 1 discours, dont je vous parlerai prochainement



Si vous voulez relire mes espoirs avant le NaNoWriMo
https://myriamsupplicy.blogspot.com/2019/10/novembre-nanowrimo-et-co-ecriture.html
Si vous voulez découvrir mes co-auteurs
https://myriamsupplicy.blogspot.com/2019/06/auteur-bien-aime-nathan-dupertuis.html
https://myriamsupplicy.blogspot.com/2019/05/auteur-bien-aime-kurt-fidlers.html



jeudi 28 novembre 2019

COUP DE COEUR 2019 : Et si on oubliait l'avenir ? de Virginie Sarah-Lou

Bon ben, tout est dit dans le titre : ce bouquin est un véritable coup de cœur !



Pour moi, un bon livre est celui qui me procure des émotions, qui me fait sourire et pleurer. Un bouquin que je suis heureuse de retrouver, mais que je crains de finir...



Avec Et si on oubliait l'avenir, j'ai découvert un excellent livre qui suscitait en moi plein d'émotions.
Dès que j'ai réalisé qu'il serait un véritable coup de cœur, j'ai ralenti ma lecture pour que celle-ci dure le plus longtemps possible. Malgré mon envie de le dévorer, j'ai multiplié les pauses pour déguster pleinement chaque portion de ce merveilleux mets.




Quatrième de couverture :

Je m’appelle Fabienne. Mon travail est simple : il est de mentir à tous les individus qui me sollicitent pour faire des choix à leur place. Ils cherchent à travers moi des réponses qu’ils n’osent trouver seuls. À bien y réfléchir, je suis presque «psy». Sauf que sur ma plaque d’entrée, il est inscrit «Fabienne Montara - Médium». Et autant dire que mes qualités de médium sont proches de celles pour remplir mes feuilles d’impôts, c’est-à-dire quasi nulles. D’ailleurs, cela fait bien rire ma meilleure amie, Rose. Rien que pour ça, je dois m’accrocher et lui prouver que je peux y arriver. Surtout que mes nombreuses clientes me demandent des choses de plus en plus complexes... Mes mensonges doivent donc tenir la route si je ne veux pas être démasquée. Ça, plus mon père qui refait sa vie, mes espoirs de maternité qui s’éloignent, le deuil de ma mère et ma culpabilité légendaire qui refait surface : j’avoue ne plus trop savoir où j‘en suis... C’est sans compter Monique, Jacqueline et grand-mère Huguette, une sacrée brochette qui me pousse toujours plus loin dans mes retranchements.


Dans ce livre, l'auteure aborde, entre autres, les thèmes du deuil et de la responsabilité de prendre sa vie en main. J'ai adoré la douceur de sa plume, son humour et sa tendresse, mais aussi sa façon de rendre des choses toutes simples hyper touchantes.

J'ai terminé ma lecture il y a plusieurs jours et je suis encore toute émue. J'ai tellement aimé le style de Virginie Sarah-Lou que quand j'ai découvert qu'elle avait écrit un autre livre, je l'ai directement commandé. Je ne manquerai pas de vous en reparler prochainement.

https://www.ednobi.com/nos-ouvrages/et-si-on-oubliait-l-avenir-virginie-sarah-lou

PS : je ne suis pas la seule à avoir apprécier ce roman : il a terminé 3ème (sur 332 concurrents) d'un concours de roman, dont la marraine n'était autre que Virginie Grimaldi.



lundi 25 novembre 2019

A contretemps, épisode 62


Une fois confortablement assise dans son canapé, elle se saisit de l’appareil qui n’avait pas arrêter de tintinnabuler depuis le début de son escapade. Les appels provenaient de Diane. Les messages aussi. Sa sœur avait débuté la conversation par un « Alors, comment te portes-tu ma belle ? ». Elle avait rapidement enchaîné avec un « As-tu besoin de quelque chose ? ». « Tu fais la gueule ? », « Réponds, je t’en prie », « Je commence à m’inquiéter », …
Image : Karolina Grabowska
 Un nouvel appel interrompit sa lecture :
- Allô Diane, je vais bien, ne t’en fais pas.
La voix de sa sœur trahit son état de tension :
- Mais où étais-tu ? Que faisais-tu ? Tu étais au petit coin ? Je ne comprends pas, tu passes la majorité de ton temps sur ton portable et, par manque de bol, j’essaie de communiquer avec toi pile au moment où tu n’as pas ton téléphone sous la main. Enfin, ce qui compte, c’est que tu ailles bien.

Elle reprit son souffle, avant de reprendre un dialogue normal :
- Alors comment s’est passé ta journée ? Tu ne t’es pas trop ennuyée ?
Jessica décida de passer sous silence le dernier épisode. Elle ne souhaitait pas que sa sœur débarque dans son appartement, paniquée, pour la ramener de force chez elle. Le lendemain, elle appellerait sa femme de ménage pour qu’elle vienne remettre son appartement en état au plus vite.

Elle prit sa voix la plus lasse pour répondre :
- Mon assistant a du mal à jongler avec mes dossiers. J’ai passé beaucoup de temps en ligne avec lui. J’ai pris mes dispositions pour reprendre le travail dès lundi.
Diane voulut l’interrompre, mais la convalescente ne lui laissa pas ce loisir :
- Chut, je sais ce que tu vas dire : les cimetières sont pleins de personnes indispensables. Je ne suis pas mourante, ni en danger. M’occuper la tête, me sentir utile sera bénéfique pour mon moral et me permettra de guérir plus vite que si je reste passivement vautrée dans mon canapé.

Un silence s’installa. Jessica s’attendait à ce que sa sœur la contredise à la première occasion, mais elle se taisait aussi.
- Diane, tu m’entends ?
- Oui, je suis là.
- Et tu ne dis rien ?
- Tu me sembles déterminée. Tous les arguments que j’avancerais seront perçus comme une rengaine de grande sœur gâteuse, n’est-ce pas ?
- Pas exactement. Je ne te considère pas comme gâteuse, mais je ne tiendrai pas compte de tes propos, car ma décision est prise.
- Ferme et définitive ?
- Absolument.
- Très bien. N’oublie pas que nous sommes là si tu as besoin de quelque chose et que tu es un être humain.
- Que veux-tu dire par là ?
- Que tu as subi une opération, que ton corps a besoin de temps et de repos pour se remettre, donc j’aimerais que tu t’écoutes pour une fois.
- Je te le promets.
- Non, ne me promets rien du tout. Fais-le pour toi.
Et elle raccrocha.

Épuisée par tant d’émotions, elle décida d’aller se coucher, sans même toucher à son instrument.
- Je me rattraperai demain, se promit-elle.